[EN] « In her cosmically ironic narrative, Marianne Vieulès - a « freelance astronaut » opens up about the different stages of training for her impossible conquest of space. The works she creates based off of this autobio-
graphical fiction principle are in line with the oxymoric pact operating under the contingent existence of both a narrative about the self and a fictionnal narative or, a lie, or utopia, and the truth or materiality. A transposition of her stellar adventure to firm ground, her program You are an astronaut is the training and prefiguration site. This is also the case in Breakfast Youri, where the appearence af Youri Gagarine’s face on a piece of toast recalls the apparition of a Christlike face on Veronica’s veil.
By multiplying the domains of the impossible, her vocation arrives at a mythification of objects and discourses « rearranged in an aesthetic configuration resulting in a refiguration of reality ». The rudimentary Tin-can or Space Green House is a traveling spaceship-greenhouse studying the chances for survival of a biosphere beyond its terrestrial atmosphere. A large green fabric represents l’Espace sidéral digital or le fond vert des galaxies, base d’entrainements pour sorties extra-véhiculaires. The abysmal landscape can be transposed from terrestrial ground to terrestrial ground and bears the sarcastic hopes of a trip, which will never take place.
Irony is hand in hand with absurdity here, which does not stop the artist form continuing to propek objects into space for want of floating off herself. »
Audrey Teichman

[FR] Marianne Vieulès, « astronaute indépendante », livre, dans un récit à l’ironie cosmique, les étapes de son entraînement en vue d’une impossible conquête de l’espace. Les oeuvres produites selon ce principe d’autofiction poursuivent le pacte oxymorique commandant l’existence contingente d’un récit de soi et d’une fiction, d’une forme de mensonge, ou utopie, et d’une sorte de vérité, ou matérialité. Transposition au sol d’une aventure stellaire, l’installation You are an astronaut est ainsi lieu d’entraînement et de préfiguration, tout comme l’apparition du visage de Youri Gagarine sur un toast grillé ( Breakfast Youri, 2017) est la révélation d’une vocation à l’image du visage christique sur le voile de Véronique
Vocation, précisément, dont l’artiste démultiplie les champs de l’impossible réalisation, jusqu’à la mythologisation d’objets et discours « réagencés en une configuration esthétique qui aboutit à une refiguration du réel ».

La rudimentaire Tin can ou Space Green House (2017) est alors une capsule-serre spatiale étudiant la possible survie de la biosphère au-delà de l’atmosphère terrestre. Un large tissu vert est L’espace sidéral digital ou Le fond vert des galaxies, base d’entraînement pour sortie extra-véhiculaire (2017), un paysage abyssal transposable de sol terrestre en sol terrestre avec l’espoir sarcastique d’un voyage qui n’aura pas lieu.

En lien avec la conquête spatiale, dont l’artiste rappelle le rôle historique de contrôle et de cartographie, Marianne Vieulès traite de l’omniprésence des caméras de surveillance : Closed-circuit television (2015, en cours) médiatise ainsi au travers d’un compte Instagram des images issues de ces sources illimitées et masquées. Work work work se concentre sur les images de personnes au travail, que l’artiste sophistique au moyen d’un algorithme de « reconnaissance du travail ». L’ironie confine à l’absurdité, n’empêchant pas l’artiste de continuer à propulser des objets à défaut de s'envoler elle-même.

Par Audrey Teichman